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La culture depuis Saturne

La culture depuis Saturne

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Pour une poignée de films...

Pour une poignée de films...

Petite présentation de quelques films méconnus pour ceux qui veulent les découvrir :

"The kiss of the vampire"

"The kiss of the vampire"

Pour commencer, rien ne vaut la Hammer et pourquoi pas "The brides of Dracula" de Terence Fisher (1960) et "The kiss of the vampire" de Don sharp (1963).

Créé en 1934, la Hammer Film Productions devient célèbre dès les années 50 en produisant à un rythme effréné des films de genre et particulièrement des films d'horreur. En 1958, Terence Fisher réalise "Horror of Dracula" avec Christopher Lee dans le rôle titre et Peter Cushing en Van Helsing.

En 1960, le studio veut continuer d'exploiter le célèbre vampire mais Terence Fisher veut aborder le vampire autrement et réalise "The brides of Dracula", titre mensonger et purement commercial puisqu'il n'y a aucunes traces de Dracula dans ce film, on retrouve par contre Van Helsing, toujours joué par Peter Cushing, et nous faisons connaissance avec le Baron Meinster, joué par David Peel, vampire efféminé séquestré par sa mère. Un Baron Meinster qui rappelle, pourquoi pas, un certain Norman Bates et pour l'anecdote, le film de Fisher sort moins d'un mois après "Psycho" d'Alfred Hitchcock. 

En 1963, le studio continue de montrer des vampires mais, cette fois, assume l'absence de Dracula avec "The kiss of the vampire" de Don Sharp. Un jeune couple se retrouve en pleine campagne d'Europe centrale et, alors qu'ils séjournent dans un hôtel déserté, reçoivent une invitation du docteur Ravna à venir dans son château voisin avant d'être de nouveau invités le lendemain soir pour participer au bal costumé d'une aristocratie moribonde et avide de sang.

Deux films qui investissent le mythe du vampire autrement qu'en invoquant la figure d'un Dracula en prédateur sexuel, lui préférant soit l'ambiguïté du baron Meinster, soit la secte aristocratique de Ravna. Deux films à l'ambiance travaillée qui n'excluent pas, exploitation oblige, les effets réjouissants au cheap assumé.

"Screamers"

"Screamers"

Philip K.Dick est un auteur de science-fiction célèbre pour son œuvre mais également pour les adaptations qui en ont été faites au cinéma. Ridley Scott ouvre le bal en 1982 avec "Blade Runner", suit "Total Recall" de Paul Verhoeven en 1990 et enfin "Screamers" ou "Planète hurlante" en français réalisé par Christian Duguay en 1995, film adapté de la nouvelle "Nouveau modèle" éditée en 1953.

Une guerre froide oppose deux blocs sur une planète lointaine : le Nouveau Bloc Économique (NBE) désireux d'exploiter un minerai malgré les risques radioactifs et l'Alliance qui réunit mineurs et scientifiques s'opposant à l'exploitation et inventant une nouvelle arme autonome et souterraine capable de déchiqueter tout ce qui ne fait pas partie de l'Alliance. Alors que plus rien n'a de sens et que l'arme baptisé Hurleur semble évoluer mystérieusement, nous suivons un colonel de l'Alliance joué par Peter Weller, alors bien connu du public pour "Robocop", parti signé la paix avec le NBE.    

Un film au doublage français réjouissant, au service de dialogues qui le sont tout autant.

"Confession of murder"

"Confession of murder"

Le cinéma Coréen n'a plus rien à prouver en ce qui concerne les thriller, que ça soit le formidable "Parasite" de Bong Joon Ho ou "Old Boy" de Park Chan-Wook.

En 2012, le réalisateur Jeong Byeong-gil sort en Corée du Sud "Confession of murder", film inédit en France. Thriller haletant, sans temps mort et aux multiples rebondissements efficaces au principe simple et génial : un meurtrier sort de l'ombre avec un livre confession après prescription de son affaire et devient une star, narguant le policier qui n'a jamais réussi à le capturer quinze ans auparavant et cherchant à se faire pardonner auprès des familles de ses victimes. Les thriller coréens ont souvent la vengeance comme thématique centrale ("Old Boy", "Lady vengeance" ou l'implacable "J'ai rencontré le diable" de Jee-Woon Kim) et "Confession of murder" n'échappe, semble-t-il, pas à la règle même si ce film utilise davantage les règles du whodunit (qui l'a fait), genre associé au roman d'énigme à la Agatha Christie où retournements et rebondissements de l'intrigue mettent le spectateur à la place du détective. 

"Un seul bras les tua tous"

"Un seul bras les tua tous"

La Shaw Brothers est un célèbre studio hongkongais fondé par Run Run Shaw en 1958 qui exploite le genre du Wu xia pian (films de sabre) à partir de 1965. On peut noter plusieurs chefs-d’œuvre au sein du studio  : "l'hirondelle d'or", "la rage du tigre", "la 36e chambre de Shaolin", "la main de fer"...

Chang Cheh réalise "Un seul bras les tua tous" en 1967. Film de sabre chinois et premier film de la saga du sabreur manchot, premier film à engranger plus d'un million de dollars HK pour la Shaw Brothers, des décors sublimes, des chorégraphies implacables, un traitement plus intime et romantique que pour son remake qui lui est pourtant préféré "la rage du tigre" également de Chang Cheh (1971) où c'est la violence graphique qui prime avec un final célèbre aux 130 morts en quelques minutes.

Le principe du film est simple et sera souvent utilisé par la Shaw Brothers : l'utilisation d'un handicap ou d'une capacité sans rapport pour développer un art martial spécifique, ici un guerrier manchot mais dans "Retour à la 36e chambre" de Liu Chia-liang, c'est un ouvrier qui utilise sa technique de construction d'échafaudage comme art martial dévastateur.   

"Gods and monsters"

"Gods and monsters"

Bill Condon est habituellement un "yes man" assez moyen mais il lui arrive de pouvoir faire ce qu'il veut et c'est le cas avec "Gods and Monsters" qu'il réalise en 1998. Ce film raconte les derniers moments de la vie du réalisateur James Whale et de son amitié ambigu avec son jardinier bellâtre. Sans doute l'une des plus belles performances de Ian McKellen, en James Whale, au cinéma, une très belle musique de Carter Burwell et une évocation amère de cet Hollywood à la fois oasis illusoire de tolérance et machine infernale faite de censure, hypocrisie et manipulation. Ce qu'on retrouve par ailleurs dans la série "Hollywood" de Ryan Murphy (disponible sur Netflix depuis début mai 2020).

"Gods and Monsters" est un très beau film qui évoque la vie d'un très grand réalisateur aux multiples chefs-d’œuvre, que ça soit "Frankenstein", "Invisible Man" ou le formidable "Bride of Frankenstein". 

"Wonderful days"

"Wonderful days"

"Wonderful days" de Kim Moon-saeng (2003). Film d'animation coréen, ce qui est suffisamment rare pour s'y intéresser et qui utilise plusieurs techniques comme l'animation traditionnelle, des maquettes et des effets numériques, le tout au service d'une histoire de science fiction simple mais efficace. Une cité bulle aristocratique à l'abri de la pollution et une cité ghetto extérieur faite de puits de pétrole.

Film aux thématiques écologiques sur fond de lutte des classes dans la veine du film "Final Fantasy : les créatures de l'esprit" de Hironobu Sakaguchi sorti en 2001 qui eut la particularité d'être le premier film d'animation intégralement en image de synthèse et d'être un tel échec commercial qu'il obligea la société Square à fusionner avec sa concurrente Enix pour éviter la faillite.

"Wonderful days" évite, quant à lui, l'aspect bien trop lisse de ce dernier en osant la lenteur et la contemplation tout en soignant sa bande originale.

"The Visit: An Alien Encounter"

"The Visit: An Alien Encounter"

Si Michael Madsen est un acteur américain habitué des films de Quentin Tarantino, c'est aussi un réalisateur Danois de documentaires comme "Into Eternity" sorti en 2010 sur les déchets nucléaires entreposés dans un bunker pour 100,000 ans et "The Visit: An Alien Encounter" sorti en 2015.

Celui-ci est en fait un faux documentaire qui simule avec un haut degré de réalisme la possibilité d'un premier contact avec un vaisseau extraterrestre se posant sur terre. Les personnes interrogées étant les véritables personnes en charge de cette possibilité. Il s'agit donc d'un film essentiellement administratif et protocolaire qui prend le parti de ne pas montrer ce qui est extraterrestre, ce faisant, il s'agit donc davantage d'un documentaire sur l'humanité et de notre capacité à nous fédérer et à réagir face à un évènement qui nous concerne en tant qu'espèce. L'ambiance est pesante, voir oppressante. Le discours, particulièrement sur sa fin, rappelle le livre "rendez-vous avec Rama" d'Arthur C.Clark.

"Dragonwyck"

"Dragonwyck"

On connait le réalisateur Joseph L. Mankiewicz pour "All about Eve", l'excellent "The Ghost and Mrs Muir", "Julius Caesar" qui adapte la pièce de Shakespeare, "The Barefoot Contessa", l'ambitieux "Cleopatra" et son ultime chef-d’œuvre "Sleuth" (duel de haute volée entre Laurence Olivier et Michael Caine dont Kenneth Branagh sort un remake en 2007 où Caine joue cette fois le rôle d'Olivier et Jude Law joue le rôle autrefois tenu par Caine) mais on connait moins son premier film réalisé en  1946 : "Dragonwyck" ou "Le château du dragon" en français. 

La jeune Miranda (jouée par Gene Tierney), issue d'une famille paysanne, est invitée par un lointain et riche cousin, joué par l'excellent Vincent Price, qui, à la mort mystérieuse de sa femme, ne tarde pas à demander la main de Miranda dans l'espoir d'avoir un héritier pour perpétuer la tradition de fermage de sa famille. 

Un excellent film gothique, mélodrame aux allures de conte fantastique qui a inspiré "La Belle et la Bête" du studio Disney, la Belle étant calquée sur le personnage de Miranda.  

Un premier film qui ouvrira une des plus belles filmographies d'Hollywood.