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La culture depuis Saturne

La culture depuis Saturne

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Une brève introduction au cinéma d'horreur.

Une brève introduction au cinéma d'horreur.

L’horreur au cinéma, comme la comédie, semblent être des genres soumis à la peur ou au rire du spectateur. Il est fréquent d’entendre ou de lire que tel film échappe au genre qui lui est pourtant assigné, ou qu’il s’agit d’un mauvais film, parce qu’il n’a pas provoqué l’émotion attendu. Ne pas aimer un film d’horreur parce qu’il n’a pas fait peur, c’est oublier que l’horreur est un genre et non une sensation, qu’il s’agit d’une extension particulière du genre fantastique.


 

Le fantastique permet d'articuler ce qui nous échappe, c'est le signe d'une réalité qui déçoit ou que l'on rejette. Le fantastique montre des magiciens capables de contrôler ou de modifier le réel comme, bien sûr, dans la saga « Harry Potter » et, par exemple, dans « Harry Potter et la chambre des secrets » réalisé en 2002 par Chris Colombus où Harry entre dans le domicile de la famille Weasley et s’émerveille devant une cheminée capable de téléportation ou une horloge qui prévient que les enfants sont rentrés à la maison.

"Harry Potter and the Chamber of secrets" Chris Colombus (2002)

"Harry Potter and the Chamber of secrets" Chris Colombus (2002)

Le fantastique convoque tout un bestiaire merveilleux capable de combler les manques de notre connaissance et de notre appréhension du monde et pourquoi pas citer le film de Guillermo del Toro de 2006 « Le Labyrinthe de Pan » où la jeune Ofelia se voit désignée par un faune comme la princesse d’un monde souterrain alors que le réel, en pleine guerre d’Espagne, est particulièrement éprouvant.

"Le labyrinthe de Pan" Guillermo del Toro (2006)

"Le labyrinthe de Pan" Guillermo del Toro (2006)

"Nosferatu" Murnau (1922)

"Nosferatu" Murnau (1922)

L’Horreur permet, quant à elle, aux monstres de jaillir de notre peur de la mort, de la maladie ou encore de l'autre : c’est le cas du « Nosferatu » de Murnau (1922) où le vampire débarque dans la ville de Wisborg en même temps qu’une épidémie de peste. L’horreur se définit par ses thématiques : le morbide, l’épouvante, le monstrueux… Des thématiques qui sont susceptibles de provoquer la peur, l’effroi ou l’inconfort chez un spectateur qui se risque à faire des cauchemars. La peur que l’on peut éprouver n’étant, par contre, qu’une conséquence possible et non un signe de qualité même si les studios ont souvent promis la peur au spectateur : c’est l’argument de vente bien connu du film de 1973 « L’exorciste » réalisé par William Friedkin quand il ressort en 2001 dans une version augmentée, surtitré « Le film le plus terrifiant de tous les temps. Comme vous ne l’avez jamais vu ! ».

Affiche de "L'exorciste" Friedkin (1973 - réédition 2001)

Affiche de "L'exorciste" Friedkin (1973 - réédition 2001)

Le cinéma d’horreur est également un genre souvent exploité : c’est un cinéma facile à produire, qui nécessite peu d’argent, peu de décors et qui jouit d’une bonne popularité. C’est un cinéma qui a fait les beaux jours du drive-in aux Etats-Unis, des vidéos clubs, du marché de la VHS ou du DVD, des petits cinémas de quartier spécialisés dans la série B ou Z. Ce qui n’empêche évidemment pas à des auteurs de s’y épanouir ou de faire des films d’horreur au budget plus important.

"Frankenstein" James Whale (1931)

"Frankenstein" James Whale (1931)

Le cinéma d’horreur a eu ses temps forts : tout d’abord lors des années 30 aux Etats-Unis. Lors de la grande dépression, le producteur Carl Laemmle Jr., qui dirige depuis 1929 les studios Universal, persuade son père de produire « Dracula », nous sommes en 1931 et le film sera réalisé par Tod Browning avec un budget réduit qui empêche la confection d’une musique originale. Le film est un succès totalement inespéré et lance le studio dans une exploitation du genre. S’ensuivent « Frankenstein » en 1931 réalisé par James Whale, auquel il donnera suite en 1935 avec « La fiancée de Frankenstein ». Il y a ces cimetières lugubres à la terre retournée, ces villageois en colère armés de torches et de fourches ; mais il y a surtout cette créature campée par Boris Karloff, au maquillage célèbre de Jack Pierce, une créature solitaire qui tente de se faire une place dans une société qui la rejette, jouant avec une petite fille au bord de l’eau pour une scène célèbre qui sera d’ailleurs censurée à sa sortie ou cette scène où la créature s’enivre avec un vieil aveugle, deux exclus émus aux larmes de s’être trouvés avant que la foule ne les retrouve.

"Frankenstein s'est échappé" Terence Fisher (1957)

"Frankenstein s'est échappé" Terence Fisher (1957)

A la fin des années 50, en Angleterre, commence l’âge d’or du studio la Hammer grâce à la production de nombreux films d’horreur. Des films d’horreurs portés, notamment, par le réalisateur Terence Fisher et les acteurs Peter Cushing et Christopher Lee. Les films se distinguent par de somptueuses couleurs, par la vue du sang et autres blessures ainsi qu’un cachet très british. Par exemple « Frankenstein s’est échappé » en 1957 réalisé par Terence Fisher avec un Peter Cushing en docteur Frankenstein plus soucieux de créer l’homme idéal avec son ami Paul que d’accorder la moindre attention à sa fiancée Elizabeth.

"Psycho" Alfred Hitchcock (1960)

"Psycho" Alfred Hitchcock (1960)

En 1960 sort « Psycho » d’Alfred Hitchcock : son récit tiré d’un fait divers, sa scène de la douche, la musique de Bernard Herrmann, un générique signé Saul Bass, Norman Bates interprété par Anthony Perkins... Autant de raisons, mais il y en a beaucoup d’autres, pour voir et revoir ce film.

"La chute de la maison Usher" Roger Corman (1960)

"La chute de la maison Usher" Roger Corman (1960)

Les années 60 sont également marquées par les films de Roger Corman, cette fois aux Etats-Unis, avec des adaptations des nouvelles d’Edgar Allan Poe, notamment en 1960 « La chute de la maison Usher » qui met en scène la star montante du genre Vincent Price. Si Roger Corman réalise, il est également connu pour avoir produit et même beaucoup produit, plus de 400 films. Il lance la carrière de bon nombre de réalisateurs comme Martin Scorsese, Francis Ford Coppola ou Joe Dante, des réalisateurs qui prendront d’assaut Hollywood avec succès dès la fin des années 60.

Les années 70, toujours américaines, proposeront une double trajectoire : l’une en accord avec le cinéma d’exploitation de Roger Corman mais lui amenant budget et popularité, ça sera notamment le premier blockbuster de l’histoire du cinéma en 1975 « Jaws » de Steven Spielberg ; et l’autre plus soucieuse de commenter et critiquer son époque, ce que l’on appellera le Nouvel Hollywood, avec « L’Exorciste » de William Friedkin en 1973 qui travaille l’ambiguïté entre le bien et le mal en opposant un prêtre qui a perdu la foi et une jeune fille qui s’avère être possédée par le démon. Mais ça sera l’année suivante que le réalisme s’invitera brutalement dans le film d’horreur avec « The Texas Chainsaw Massacre » de Tobe Hooper, un film monstre et matrice de tout le cinéma d’horreur qui suivra, donnant les premières règles de ce que l’on appellera le slasher, ces films où un tueur masqué pourchasse à l’arme blanche des adolescents, et amorçant également un cinéma plus gore.

« The Texas Chainsaw Massacre » Tobe Hooper (1974)

« The Texas Chainsaw Massacre » Tobe Hooper (1974)

Voilà, une très brève introduction au cinéma d’horreur. Il faudrait parler de beaucoup d’autres films et cinéastes, comme « Le cabinet du docteur Caligari » réalisé par Robert Wiene en 1922, le chef-d’œuvre « Freaks » que Tod Browning réalise en 1932, « Cat People » que réalise Jacques Tourneur en 1942 avec la première utilisation de ce qu’on appelait alors l’effet bus, ce qu’on appellera finalement le jump scare ; « House of Wax » réalisé par André de Toth en 1953, « Invasion of the body snatchers » réalisé par Don Siegel en 1956, évidemment le « Shining » de Stanley Kubrick (1980), évidemment « La Mouche » de David Cronenberg (1986) et « Carrie au bal du diable » de Brian de Palma (1976)Certains films de George Romero (notamment son cultissime « Night of the living dead » en 1968), certains films de Dario Argento (notamment « Suspiria » en 1977), presque tous les films de John Carpenter et là impossible de ne citer qu’un film.

Bref, il y aurait encore beaucoup, beaucoup à dire tant le cinéma d’horreur est un cinéma diablement passionnant.

Une brève introduction au cinéma d'horreur.
Une brève introduction au cinéma d'horreur.
Une brève introduction au cinéma d'horreur.
Une brève introduction au cinéma d'horreur.
Une brève introduction au cinéma d'horreur.
Une brève introduction au cinéma d'horreur.
Une brève introduction au cinéma d'horreur.
Une brève introduction au cinéma d'horreur.
Une brève introduction au cinéma d'horreur.
Une brève introduction au cinéma d'horreur.
Une brève introduction au cinéma d'horreur.
Une brève introduction au cinéma d'horreur.
Une brève introduction au cinéma d'horreur.